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Avant le bombardement
Au mois de Mai, des troupes allemandes viennent
occuper Ecouché avec beaucoup de matériel de guerre surtout
des munitions. Vue de l'hospice, certains distinguent des dépôts
d'obus tout autour du champ de foire .Des civils creusent des tranchées
où viennent se cacher des camions de munitions, des citernes … Dans
une prairie, près de l'hospice, de plus en plus de dépôts
de munitions s'accumulent.
La population s'inquiète et craint un
bombardement en voyant des camions de munitions dans le bourg.
Le 23 Mai, un avion "double queue" mitraille
2 fois dont un sur le champ de foire et l'autre sur la gare, aucune victime.
Dans la nuit du 3 au 4 juin, 7 ou 8 bombes tombent
à proximité de la voie ferrée mais ne l'atteint pas.
Ce ne fut que dans la nuit du 5 au 6 juin que
l'alerte fut donnée. Un avion survolait continuellement le
champ de foire pendant qu'un camion faisait son plein d'essence. |
L'entrée de l'ecole
L'école des garçons vue de la rue |
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Le bombardement
Nous sommes le 6 juin.
Les Alliés appelleront ce jour "le jour le plus long".
Un train de munitions vient d'être mitraillé et
l'on aperçoit au loin un épais brouillard venant de ce train.
Certaines personnes sont inquiètes car ils apprennent que Caen a
été bombardé dans la nuit. Soudain, à 13h 45
des bruits d'avions et des sifflements de bombes se font entendre. Trois
vagues de bombardiers ont semé la peur, la destruction et la mort.
L'isolement où nous trouvons, la rapidité du bombardement
nous portent à réduire au minimum dans notre imagination
des conséquences du bombardement. Nous pensions volontiers que seul
le champ de foire est atteint, à cause de ses dépôts
de munitions, et que nous sommes peut être les plus sinistrés.
Quand l'éclatement d'obus se fait rare,des personnes en se glissant
le long des murs, parviennent jusqu'à nous et demandent des brancards.
Inquiètes nous les interrogeons:
"Il y a des blessés?
-Mais certainement qu'il y a des blessés!
-Y-a-t-il des maisons écroulées?
-Bien sûr, presque toute la rue nationale est tombée.
-Ah! Quel malheur. Il y a donc des victimes?
-Oui, il y a des tués dans les rues et sans doute beaucoup d'autres
sous les décombres.
Nous sommes terrifiés en apprenant un tel désastre. Quelle
vue que celle du champ de foire. Plus loin un hôtel laissant apercevoir
l'état lamentable de la gare. L'état des choses est bien
triste, celui des gens l'est plus encore. Des blessés déjà
expédiés à Argentan subiront pendant la nuit le terrible
bombardement qui durant deux heures détruitra presque entièrement
la ville.
Un homme cherchant sa femme ne retrouva que la moitié du corps.
Un pauvre père est retiré lui aussi, non sans mal, de sous
les décombres. Il se penche vers sa femme et vers sa fille, son
unique enfant, cherchant à leur parler.
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L'école vue de la cour
L'école vue de la rue
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Le champ de foire |
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Après le bombardement
Des soldats se trouvant à l'entrée du réfectoire
où soeur Thérèse se fit enlever pour soigner les blessés
avec du linge qu'ils avaient pris pour faire les pansements. Les obus éclatent
tout autour du champ de foire. L'hospice demeure isolé et son accès
est impossible à cause des éclats d'obus. Certains ont très
peur. Sur le champ de foire, se trouvent : des camions démolis,
citernes d'essence en flamme, arbres arrachés, obus qui éclatent
… La gare est complètement détruite. Dans le bourg,
l'état du matériel est important. Un homme cherchant sa femme
ne retrouva que la moitié du corps. La ville sera bombardée
pendant deux heures sous les yeux de certaines personnes. A un des soldats,
elle faisait un pansement avec le linge emporté. Elle se trouva
protégée des obus qui volaient en éclat au dessus
de sa tête, par une rangée de troncs d'arbres,
disposée à l'effet de servir d'abris. Comme l'éclatement
des obus était terminé, les soldats allait traverser le champ
de foire. Dans la prairie, on aperçut des vêtements. Ils appartenaient
à un soldat projeté par une bombe. Ses camarades sont venus
l'enlever et 7 soldats se sont fait tuer par le bombardement. Un
homme blessé a été amené à l'hospice
dans la soirée. A partir du 7 juin, tous les blessés retrouvés
ont été amenés à l'école communale.
Ils retiraient aussi les cadavres étrangers. Dans un hôtel
très fréquenté, il n'y avait plus qu'une seule
personne vivante. Toutes les maisons du bourg d'Ecouché sont tombées.
Le cimetière a été a ce point touché que des
tombes ont été emportées. La ville fut de nouveau
bombardée en juillet 1944. Ce bombardement a été moins
violent que celui du 6 juin mais détruisit quand même un pâté
de maisons. |
La cour de l'école en 2004
Le champ de foire en 2004
L'ancienne entrée de l'école
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